J’ai vu… l’abandon

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L’Abandon

Date de sortie : 13 mai 2026
1h 40min | Drame
Réalisateur : Vincent Garenq
Avec Antoine Reinartz, Emmanuelle Bercot, Emma Boumali

Scénario

Tout le monde connaît le nom de Samuel Paty. Pas assez de personnes connaissent réellement son histoire. Vincent Garenq retrace ses onze derniers jours avec une précision documentaire rare, rendue possible grâce à la collaboration de Mickaëlle Paty, la sœur de Samuel, et du dossier d’enquête complet. Cette rigueur permet au spectateur de reconstituer l’engrenage qui le conduit au pire. Elle permet surtout de mesurer, de ses propres yeux, l’ampleur des défaillances institutionnelles. Policières, municipales, ministérielles. On comprend comment le mensonge d’une élève a pu prendre une telle proportion sans que personne ne stoppe la mécanique. C’est glaçant, précis et nécessaire. On peut toutefois regretter que le film n’ait pas souhaité aller plus loin dans la mise en scène des moments les plus violents. Le meurtre et l’intervention de la police sont traités avec une (trop grande) retenue. Certains spectateurs auraient voulu être davantage bousculés.

Mise en scène

Vincent Garenq fait le choix du documentaire de reconstitution plutôt que du film de genre. C’est un choix cohérent dans le cadre de ce sujet. La mise en scène est sobre. Elle laisse les faits parler d’eux-mêmes sans chercher à manipuler l’émotion. Ce parti pris renforce la crédibilité du récit. Il lui donne aussi une dimension presque pédagogique Le sujet méritait peut-être quelques prises de risque supplémentaires.

Interprétation

Antoine Reinartz incarne Samuel Paty à la perfection. Il restitue l’humanité simple et la dignité tranquille d’un homme qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait. C’est une performance juste, sans excès, qui rend le personnage profondément attachant. Emmanuelle Bercot est tout aussi remarquable dans le rôle de la principale du collège du Bois d’Aulne. Sa présence forte et nuancée en fait l’autre pilier du film. En revanche, leur excellence respective finit par accentuer les faiblesses de certains seconds rôles, dont les performances sont plus inégales. Un léger déséquilibre qui n’entache pas l’ensemble.

Bande originale

La bande son est discrète et au service du propos. Elle ne cherche pas à souligner artificiellement l’émotion. C’est le bon choix pour un film qui revendique avant tout la sobriété et la précision factuelle. Le silence est parfois plus éloquent que n’importe quelle musique.

L’Abandon est un film nécessaire. La projection à Conflans-Sainte-Honorine, ville où les événements se sont déroulés, a ajouté une dimension émotionnelle supplémentaire à une séance déjà chargée. Voir dans la salle des personnes proches de l’événement, élèves, familles, habitants, disait tout de l’importance de ce film pour la mémoire collective. Antoine Reinartz et Emmanuelle Bercot portent l’ensemble avec une justesse exemplaire. Le travail de reconstitution est remarquable. Le film aurait pu oser davantage dans ses moments les plus intenses. Mais c’est peut-être dans cette retenue que réside son plus grand respect pour Samuel Paty et pour tous ceux qui lui sont proches.

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