J’ai vu… La bataille de Gaulle

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La bataille de Gaulle

Dates de sortie : 3 et 26 juin 2026
Historique, Thriller
Réalisateur : Antonin Baudry
Avec Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Mathieu Kassovitz, Benoît Magimel, Thierry Lhermitte, Florian Lesueur et Niels Schneider

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Partie 1 : L'Âge de fer

Date de sortie : 3 juin 2026
2h 39min | Historique, Thriller
Réalisateur : Antonin Baudry
Avec Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Benoît Magimel et Florian Lesieur

Scénario

Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rêve : la liberté. La Bataille de Gaulle retrace ce moment charnière avec une ambition narrative évidente. Le récit prend le temps de poser les enjeux, de montrer la mécanique de la résistance qui se construit dans l’ombre, des lycéens révoltés aux soldats déterminés en passant par les résistants d’Afrique. C’est dense, parfois touffu, mais toujours porté par une conviction sincère. Il faut néanmoins garder en tête que ce premier volet n’est que la moitié d’un récit. Certaines intrigues restent ouvertes, certains personnages insuffisamment développés. La suite, avancée au 26 juin pour maximiser les entrées notamment en vue de la fête du cinéma, apportera sans doute les réponses manquantes.

Mise en scène

Antonin Baudry signe une très belle réalisation. La reconstitution historique est soignée, les décors crédibles, et la photographie donne au film une ampleur réelle. La séquence de la bataille de Bir Hakeim est à ce titre exemplaire : haletante, tendue, portée par des effets spéciaux de grande qualité. C’est du cinéma français qui n’a pas peur de regarder vers Hollywood. En revanche, le découpage en deux parties de 2h37 et 2h39 nuit à la cohérence d’ensemble. On sent parfois que le film cherche son rythme, hésitant entre la fresque historique ambitieuse et le blockbuster grand public.

Interprétation

C’est probablement le point le plus fort du film. Simon Abkarian incarne De Gaulle avec une présence et une autorité naturelles. Il n’imite pas, il habite le personnage. Simon Russell Beale en Churchill est tout aussi remarquable, campant un Premier ministre complexe et nuancé. Mathieu Kassovitz dans le rôle de l’Amiral Darlan apporte une vraie épaisseur à ce personnage ambigu. Benoît Magimel (Général Koenig) et Florian Lesieur (Fernand Bonnier de La Chapelle) complètent un casting d’ensemble très solide et cohérent. Chaque acteur semble avoir pris la mesure de l’enjeu historique du projet. C’est une distribution qui fait honneur au film.

Bande originale

La bande son accompagne efficacement les différentes atmosphères du film. Elle sait se faire épique dans les séquences de bataille et plus sobre dans les moments de tension diplomatique. Le travail sonore des scènes de combat est particulièrement réussi, contribuant à l’immersion dans ces reconstitutions historiques. Un travail au service du film, sans chercher à le dominer.

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Partie 2 : J’écris ton nom

Date de sortie : 26 juin 2026
2h 40min | Historique, Thriller
Réalisateur : Antonin Baudry
Avec Simon Abkarian, Thierry Lhermitte, Simon Russell Beale et Niels Schneider

Scénario

Le synopsis est identique au premier volet. En effet, les deux films ayant été tournés d’une traite avant d’être découpés en deux parties. Juin 1940. La France s’effondre. De Gaulle refuse de céder. La résistance se construit lentement, des deux côtés de la Manche et jusqu’en Afrique. Ce second opus poursuit donc exactement là où le premier s’était arrêté, avec les mêmes forces et les mêmes limites narratives. Antonin Baudry prend des libertés historiques assumées, mais offre en contrepartie un regard particulièrement intéressant sur le rôle des Américains et du président Roosevelt dans cette période, endossant presque le rôle du « méchant » de l’histoire. On découvre ce qu’il était prévu de faire du territoire français sous tutelle américaine. Un angle peu traité au cinéma et qui donne au film une vraie dimension politique.

Mise en scène

C’est ici que le bât blesse, et pour les mêmes raisons que dans le premier volet. Le rythme est inégal, parfois à dessein, parfois de façon frustrante. La bataille dans le désert libyen, pilotée par le général Leclerc, est filmée avec une lenteur assumée et impressionnante. Les interminables négociations entre De Gaulle et le général Giraud occupent elles aussi un espace conséquent, créant une tension feutrée et diplomatique bien rendue. Mais la libération de Paris par la division Leclerc, l’un des moments les plus iconiques de l’Histoire de France, est expédiée en quelques minutes à peine. C’est le regret majeur de ce second opus. Un moment pareil méritait d’être traité avec davantage d’ampleur.

Interprétation

Simon Abkarian est toujours aussi excellent dans le rôle de De Gaulle, habité avec la même conviction sobre et tenace. Mais ce second volet révèle plusieurs nouvelles performances remarquables. Niels Schneider livre une prestation sublime dans le rôle du général Philippe Leclerc. Précis, charismatique, physiquement juste. Il donne parfois l’impression d’être le Captain América à la Française. L’apparition de Thierry Lhermitte en général Giraud en a fait rire plus d’un dans la salle. L’acteur incarne un personnage ambitieux, favori de Roosvelt, adversaire et partenaire contraint (de courte durée) de De Gaulle jusqu’à son eviction. Anamaria Vartolomei sublime dans le rôle de Livia, résistante de l’ombre aux côtés de Rex. Enfin, Félix Kysyl incarne Jean Moulin (Rex) avec une approche radicalement différente de celle de Gilles Lellouche dans le film éponyme de 2023. Là où Lellouche incarnait un Jean Moulin flamboyant et presque romanesque, Kysyl choisit la sobriété et la retenue, donnant à voir un homme de l’ombre dans toute sa complexité, personnage central de la Résistance française aux côtés de De Gaulle.

Bande originale

La bande son reste dans la continuité du premier volet : sobre, épique quand il le faut, discrète dans les moments de tension diplomatique. Le travail sonore des séquences de combat dans le désert libyen est particulièrement soigné.

La Bataille de Gaulle est un diptyque ambitieux aux nombreuses qualités. Un casting excellent, une mise en scène soignée et des séquences marquantes comme la bataille de Bir Hakeim dans le premier opus, la campagne libyenne de Leclerc dans le second. Ce deuxième volet se révèle globalement meilleur : récit plus dense, enjeux politiques plus clairs, et le regard porté sur Roosevelt et les ambitions américaines apporte une perspective originale. Les inégalités de rythme restent le défaut principal des deux films. Le diptyque a souffert d’un contexte commercial difficile et d’une lisibilité brouillée. Pathé avait réagi en avançant la sortie du second volet pour coïncider avec la fête du cinéma. Pari partiellement réussi, puisque le bouche à oreille et les places à tarif réduit ont propulsé les entrées vers le haut. Nuance importante toutefois : des billets moins chers ne signifient pas nécessairement une meilleure rentabilité. La véritable mesure financière de ce pari à 74 millions d’euros reste encore à établir. Mais sur le plan artistique, La Bataille de Gaulle s’impose comme une tentative sérieuse de cinéma historique français.

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