
Disclosure day
Date de sortie : 10 juin 2026
2h 25min | Science Fiction, Thriller
Réalisateur : Steven Spielberg
Avec Emily Blunt, Josh O’Connor et Colin Firth
Pourquoi Spielberg revient à la science-fiction maintenant ?
Le timing n’est probablement pas un hasard. Disclosure Day arrive à un moment où le sujet des objets non identifiés n’a jamais été aussi présent dans le débat public. Ces dernières années, plusieurs auditions au Congrès américain ont officiellement abordé l’existence d’UAP, ces phénomènes aériens non identifiés, sortant le sujet de la seule sphère complotiste pour l’installer dans le débat institutionnel. Spielberg, le réalisateur qui a façonné notre imaginaire collectif sur le premier contact avec Rencontres du Troisième Type puis E.T., revient sur ce territoire précisément quand la frontière entre fiction et actualité n’a jamais été aussi mince. Ce n’est pas anodin. C’est même ce qui donne à ce film une résonance particulière, au-delà de sa seule qualité cinématographique.
Scénario
Et si tu découvrais que nous ne sommes pas seuls ? Si on te le montrait, te le prouvait, est-ce que ça te ferait peur ? Disclosure Day part d’une promesse simple et vertigineuse : la vérité appartient à sept milliards de personnes, et chaque seconde nous rapproche de l’inévitable. Spielberg marque ici son retour au genre qui l’a façonné. Il ne réinvente rien, pas même sa propre manière d’amener les extraterrestres à l’écran et tout ce qu’ils engendrent pour l’espèce humaine. Mais on sent une vraie maîtrise et surtout une vraie passion du sujet de sa part. Ça l’a toujours fasciné, et ça le fascinera toujours. Le sujet n’est pas neuf à Hollywood, on pense forcément à Premier Contact de Denis Villeneuve ou à l’excellente saison 4 de la série Star Trek Discovery et la découverte de l’espèce Ten-C, mais Spielberg y apporte sa patte reconnaissable.
Mise en scène
La mise en scène est digne de tonton Steven : maîtrisée, inspirée et pleine d’envie. C’est dans le dernier acte que le film trouve sa plus grande force, livrant un vrai spectacle émotionnel et fictionnel. La photographie de Janusz Kaminski est par moments purement exceptionnelle avec une mention particulière pour la scène du champ ou encore la scène révélatrice avec la maison illuminée, magnifiques à contempler sur grand écran. Certains effets visuels déçoivent cependant, notamment les animaux en CGI peu convaincants et une scène d’action (celle du train) qui semble un peu bâclée.
Interprétation
Le casting est survolé par une magnifique Emily Blunt, qui porte le film avec la conviction qu’on lui connaît. Elle apporte une vraie crédibilité émotionnelle à l’ensemble, dans un film qui en a particulièrement besoin pour faire fonctionner son sujet. Les seconds rôles sont quant à eux un chouïa survolés. Colin Firth, Colman Domingo ou encore Eve Hewson peinent à exister pleinement, noyés dans un scénario qui privilégie souvent l’explicatif au développement des personnages. On sent leur potentiel, on devine ce qu’ils auraient pu apporter avec plus d’espace, mais le film semble parfois préoccupé à poser des enjeux qu’à creuser ses figures secondaires.
Bande originale
En un mot : magnifique ! C’est le qualificatif qu’on peut utiliser pour parler de la bande-son de John Williams qui, du haut de ses 94 ans, ne cesse jamais de sortir de superbes compositions, émouvantes. Il accompagne les scènes à merveille, avec toujours autant de bonté dans l’écriture musicale. C’est l’un des points le plus constants du film. Petit bonus nostalgie qui fait plaisir au passage, avec l’utilisation de The Sweet Escape d’Akon et Gwen Stefani au début du film, une parenthèse pop inattendue qui ramène instantanément le spectateur quelques années en arrière.
J’ai vu Disclosure Day et je ressors de la salle conquis. Ce n’est pas l’œuvre de science-fiction la plus marquante de Spielberg, mais elle offre tout de même une excellente expérience de cinéma. Une mise en scène maitrisée, des acteurs convaincants… J’ai beaucoup aimé le moment. L’œuvre, aussi divertissante et intéressante soit-elle, se complète bien aux autres qu’il a déjà réalisées autour de cette question fascinante restée sans réponse, dans un contexte où, pour une fois, la réalité semble vouloir rattraper la fiction.
© Photos | Image de couverture | Cover de film



