T-Pain, le génie oublié de ma génération

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Il y a des artistes qui marquent une époque. Et puis il y a T-Pain, qui a littéralement façonné le son d’une décennie entière sans jamais recevoir la reconnaissance qu’il méritait. Mon rapport à cet artiste est presque émotionnel. Depuis l’époque des lecteurs mp3 à piles et comme beaucoup de jeunes de ma génération, je téléchargeais tous ses derniers sons pour les mettre dans mon baladeur et les écouter en boucle. Rappelez vous les fameux « t-pain_feat_akon_bartender.mp3 ».

Jusqu’à l’avènement du streaming, T-Pain a dominé mes mp3 et iPods avec une constance rare. I’m Sprung, I’m n love (wit a stripper), Studio Luv, Show U how, Bartender, Buy U a Drank, Got Money, All I Do Is Win, I’m so hood avec DJ Khaled, I can’t believe it… La liste est tellement longue qu’on pourrait en faire un article à part entière. Certains de ces titres tournent encore en boucle depuis 2005. Et ils n’ont pas pris une ride dans mon esprit.

Les débuts : Tallahassee et Nappy Headz

Faheem Najm, de son vrai nom, grandit à Tallahassee en Floride. Sa passion pour la musique est précoce à tel point qu’il commence à composer dès l’âge de 10 ans. Avant de devenir T-Pain, il fait ses premières armes au sein du groupe de rap Nappy Headz (composé de T-Pain, Notty Black, Nook Dog, Sheed et Odilla), qu’il rejoint en 1999. Le groupe acquiert une notoriété régionale en Floride avec des titres comme « Robbery » et « FLA ». Mais T-Pain se sent à l’étroit dans ce format et commence à produire et écrire sa propre musique en parallèle.

La signature chez Konvict Muzik

C’est un remix audacieux qui va tout changer. En 2004, Akon sort son premier single « Locked Up ». T-Pain s’en empare et enregistre sa propre version intitulée « F**ked Up », qu’il diffuse localement en Floride. Le bootleg circule, sort de son marché local, et finit par atteindre les oreilles d’Akon à Atlanta. Impressionné, il s’intéresse immédiatement au jeune homme de 19 ans pour le signer sur son label Konvict Muzik.

Akon n’est pas le seul sur le coup, les grands labels ont également vu passer ce son du jeune T-Pain. Ainsi, deux d’entre eux vont lui envoyer deux offres mirobolantes (ce qu’on appelle communément des avances). 900 000 dollars d’Interscope Records et 700 000 dollars d’Atlantic Records. Il signe finalement chez Akon en tant que parolier et compositeur, pour à peine 20 000 dollars. Une décision qui n’a pas fait sourire son père, qui était alors son manager. Lui qui voyait dans le jeune Faheem son « projet Mbappé ». Pas de chance, T-Pain finit même par fuguer de chez lui pour aller signer chez Konvict.

Là où les grands labels ne parlaient que de singles et de chiffres, Akon parlait de durée, de projet, d’avenir. Il était le seul. Et T-Pain n’était pas là pour le court terme. La raison de ce choix ? Une discussion avec Akon qui a tout changé : 

I went to Akon and Akon said, "Bro, I got 20 grand and a career. I can guarantee I’ll give you 20 grand. I know that’s not a lot of money, but I guarantee you’re gonna have a career and not just a song. (...) When I went to all these companies (après I'm Sprung), they was like, "I love this song. I love this song. What can we do? Can we get another song? Can we do this song? And Akon was like, "I love you. I love what you’re doing and I wanna make sure you have a long career." He was the only person talking like that. And I wasn’t in it for short money. I was in there trying to get the long play going. He was the only one talking about it, so I went with him… and I literally ran away from home in order to sign with Akon

Pour prendre un autre exemple : on peut tracer un parallèle assez frappant avec le jeune rappeur français Keblack. Lui aussi avait des offres bien plus lucratives sur la table au moment de signer chez Bomaye Musik (le label du rappeur Youssoupha). Lui aussi a choisi le cocon familial, la structure à taille humaine, la relation humaine plutôt que le gros chèque. Le tout, scellé au terme d’une rencontre à table avec sa famille au nez et à la barbe d’Universal. Il raconte cette anecdote au micro du Chairman chez OuiHustle

J'étais sensé signer chez Universal le lundi. Youssoupha, Philo et Lassana arrivent chez moi le dimanche. Donc samedi, je l'ai au téléphone, Youss me dit "eh, je sais que tu es dans des trucs de signature. T'as vu laisse nous on vient à la maison, on t'expose nos trucs qu'on veut faire avec toi, ce qu'on peut te donner et ce qu'on peut t'apporter. Capte le truc et si t'aime bien, tu suis, si t'aimes pas c'est pas grave. (...) Ma famille avait validé (car Youssoupha est le fils de Tabu Ley star congolaise dont les parents sont fans), Naza (son meilleur ami) est sur le point de signer avec eux, donc je me dis quoi en vrai de vrai ? Laisse moi aller avec mon gars même si là bas (les autres labels) on me propose plus je préfère aller avec mon frère là bas (chez Bomaye Musik). Je me sens encore plus en sécurité et je suis avec des futurs frères qui sont mes grands frères aujourd'hui. Philo c'est mon frère, Lassana c'est mon frère et Youssoupha c'est la même chose. Donc je suis dans un truc, un espèce de cocon ou je suis assez protégé.

Une discographie au sommet des charts

Il faut souligner une anecdote autour du titre I’m Sprung de T-Pain qui mérite d’être racontée. T-Pain avait originellement écrit ce titre pour Akon. Lui qui avait initialement signé comme parolier chez Konvict. Ce dernier l’a refusé avec une formule restée célèbre : « I don’t make songs for women ». Ou autrement dit trop romantique, trop sentimental pour son image après Locked up. T-Pain décide alors de la sortir lui-même. Résultat ? Le titre passe 26 semaines au Billboard Hot 100 et se hisse jusqu’à la 8e place. Akon, qui avait refusé le morceau, apparaîtra finalement dans le clip.

Et Universal, qui avait ri au nez d’Akon quand il leur avait présenté T-Pain (ils reprochaient notamment le physique peu attirant du jeune artiste) regardera le titre grimper dans les charts sans avoir pu en profiter. Poétique. L’ironie finale ? Akon sortira quelques années plus tard Don’t Matter, l’un de ses plus grands succès mondiaux. Une ballade romantique écrite exclusivement pour séduire la gente féminine. Exactement le registre qu’il avait reproché à I’m Sprung d’occuper.

Entre 2005 et 2011, T-Pain sort quatre albums studio qui marquent durablement les charts américains. Rappa Ternt Sanga (2005), Epiphany (2007) qui est aussi son meilleur résultat commercial avec une entrée directe à la première place du Billboard 200, Thr33 Ringz (2008) et Revolver (2011). Au total, il cumule plus de 50 millions de singles vendus dans le monde. Buy U a Drank reste l’un de ses plus grands succès solo avec six semaines consécutives à la première place du Hot 100. I’m Sprung, Bartender, Can’t Believe It… Chacun certifié platine plusieurs fois. Et en tant que featured artist, il a participé à pas moins de 50 titres ayant atteint le Top 40 américain entre 2006 et 2011, un record pour l’époque. Une statistique qui résume mieux que n’importe quel mot à quel point T-Pain était partout, tout le temps, sans que personne ne réalise vraiment ce qu’il apportait.

L'autotune : un artiste incompris

Ce que beaucoup de personnes oublient, c’est que T-Pain sait réellement chanter. Il possède un timbre de voix unique et un vrai talent de mélomane. L’autotune n’était pas un cache-misère pour camoufler une voix défaillante. C’était un choix artistique délibéré, une couche supplémentaire ajoutée à une vraie voix pour créer quelque chose d’unique. Le vocoder appliqué sur un vrai talent vocal, combiné à des refrains d’une efficacité redoutable, donnait à ses collaborations une dimension que personne d’autre ne pouvait apporter. On ne contactait pas T-Pain pour ses couplets mais pour cette magie de refrain qu’il avait le don de transformer en or. Bien loin des refrains R&B classiques. Le voici invité par le rappeur C-Ride pour interpréter le refrain sur son titre Money Round Here sorti en 2009.

Son influence sur la musique mondiale est énorme et largement sous-estimée. En France, des artistes comme Booba, La Fouine ou Rohff ont adopté le vocoder dans leurs productions. Ce qu’on a fini par appeler dans le langage de la street « les sons Zumba ». Autrement dit, les rappeurs qui intègrent à leurs albums des titres chantés avec une mélodie partiellement ou intégralement avec de l’autotune.

Aux États-Unis, Snoop Dogg sort dans son album Ego Trippin’ un single entièrement autotuné : Sexual Eruption (Sensual Seduction dans sa version censurée). Kanye West a lui-même consacré un album entier au vocoder avec 808s & Heartbreak la même année. De plus, I Am T-Pain, l’application payante pour iPhone et iPod touch qui permettait à n’importe qui de s’enregistrer avec son effet signature, remportait un grand succès. Tout cela témoigne d’un artiste qui avait compris avant tout le monde que cette technologie pouvait devenir un instrument à part entière.

La meilleure preuve de ce talent vocal longtemps dissimulé derrière le vocoder ? Le Tiny Desk Concert de NPR en 2014. T-Pain se présente seul, sans autotune, sans traitement, et interprète un mashup de ses plus grands succès avec sa seule voix naturelle. La vidéo devient virale en quelques heures. Les commentaires affluent, tous dans le même sens : personne ne savait qu’il chantait comme ça. C’est à la fois un triomphe et un moment de tristesse car cela signifie que pendant des années, son vrai talent vocal avait été éclipsé par l’outil qui avait fait sa gloire.

Le featuring secret : Michael Jackson et Usher

Parmi les anecdotes les plus fascinantes de la carrière de T-Pain figure ce featuring avec Michael Jackson et Usher qui n’a jamais vu le jour. T-Pain l’a lui-même raconté. Le morceau s’appelait « Stop Playin' » et il en était le compositeur et producteur. T-Pain explique qu’une personne travaillant avec eux sur le titre a décidé de le leaker sur son compte YouTube, ce qui a conduit Michael Jackson à mettre fin au projet. La version leakée, sans les voix de MJ qui n’avaient pas encore été enregistrées, a fuité le 3 juin 2008 en ligne. Ses propres mots résument l’absurdité de la situation : 

The person that was in charge of doing the references got too excited and was like, 'I'm on a song with Michael Jackson and Usher and T-Pain!' And then he released it and then Michael Jackson was like, 'Nah, never mind. I don't wanna do it anymore.' Yeah, that pissed me off. Not gonna lie to ya. (...) That would've been the biggest record of my f***ing life and it never came out because the dude I had doing the reference, he leaked the record and Michael Jackson didn't want to do it anymore.

Les featurings gratuits : trop généreux pour son propre bien

C’est l’une des facettes les moins connues de T-Pain, et pourtant l’une des plus révélatrices de sa personnalité. Tout au long de sa carrière au sommet, il a enchaîné les featurings et il les a tous effectués gratuitement. Pas par nécessité, pas par générosité mais par réciprocité. Il partait du principe qu’en étant au sommet, s’il offrait ses services au sens le plus pur du terme, les jours de vaches maigres, les autres le feraient pour lui en retour. C’est tout simplement un « vrai » gentil. Il aimait collaborer, il aimait apporter sa touche à des projets qui l’enthousiasmaient, et l’argent n’était pas sa priorité.

Pour comprendre ce que cela représente, il faut savoir ce que coûte un featuring de haut niveau. Par exemple, le rappeur français Ol Kainry en a parlé avec franchise dans une interview au micro de Chris Hyconiq et Baloo chez CKO. Pour son 2e album Les chemins de la dignité, il avait le choix entre Obie Trice et Raekwon. Grand fan de Wu-Tang, il choisit Raekwon et en tire l’un des featurings franco-américains les plus extraordinaires de sa génération. Il a surtout révélé le coût de cette collaboration :

Pour t'expliquer dès le début, en vrai, moi je voulais marquer le coup. J'ai sorti mon premier album : Au delà des apparences. Le 2e, je demande au producteur ce qu'on pourrait faire comme dinguerie pour ramener la lumière vers nous. Il me dit qu'il faut faire un featuring américain donc on fait appel à Olivier Nguessan qui, lui, fait ramener des américains pour des événements. Et lui nous propose : "j'en ai deux pour vous : Obie Trice ou Raekwon". Ah le choix est vite fait. (...) Le prix ? Je vais être transparent c'était pour 8 000 euros.

Quant aux Américains intramuros si on peut le dire comme ça, c’est encore plus cher en fonction les artistes. Lil Baby réclame 300 000$ le couplet, 250 000 pour Snoop Dogg (la même somme pour qu’il apparaisse dans le clip). 200 000 minimum pour Future, 2 000$ le mot pour J.Cole, 500 000 demandés à Booba pour feater avec Rihanna… Megan Three Stallion explique que pour la sortie de son album Traumazine, elle a sollicité Future sur le titre Pressurelicious et le prix que ça lui a coûté.

J’avais l’instru pour Pressurelicious, ok ? J’ai enregistré le titre, et je me suis dit : « Tu sais quoi ? Ce serait vraiment fort si Future était sur le morceau. » En tant que femme dans cette industrie, j’ai toujours l’impression qu’aller voir un homme pour réclamer un featuring est une épreuve. Tu ne sais jamais à quoi t’attendre. Donc je me suis dit : « Ok, que quelqu’un découvre le tarif réclamé par Future. Allons lui demander. Et ils ont dit : « Ok, c’est 250 000 dollars. Il veut 250 000 dollars. » J’ai dit : « Ok, c’est parti, quelqu’un est allé chercher la somme à la banque, l’a donnée à Future, et j’ai dit que j’avais besoin du couplet le jour même.

Maintenant, imaginez ce que cela représente à l’échelle de T-Pain. Flo Rida sur Low, Chris Brown sur Kiss Kiss, Kanye West sur Good Life, DJ Khaled sur All I Do Is Win,  sur I’m so Hood, sur Welcome to my hood, Rick Ross sur Maybach Music 2, Ace Hood sur Overtime, Lil Wayne sur Got Money, Maino, Huey, C-Ride, Ludacris, Pitbull et bien d’autres. Des titres numéro 1, des albums certifiés platine, des collaborations qui ont marqué une décennie entière. Tout ça gratuitement. On parle potentiellement de millions de dollars offerts généreusement au fil des années.

Il y a cependant un featuring gratuit qui, lui, était pleinement légitime et assumé. Il s’agit de sa participation à We Are The World 25 for Haiti en 2010, le remake du titre caritatif originel de 1985, organisé par Wyclef Jean après le tremblement de terre dévastateur qui avait frappé Haïti en janvier de cette même année. T-Pain répondait présent, comme beaucoup d’autres artistes, pour une cause qui dépassait largement le cadre du business musical. Le problème, c’est que ce même milieu n’a pas eu la même générosité en retour lorsque T-Pain en a eu besoin.

La chute : les trahisons s'accumulent

Premièrement, Jay-Z, avec son titre D.O.A (Death of Auto-Tune), sorti en 2009, qui va se révéler être une véritable déclaration de guerre ouverte contre l’autotune. En effet, il cite même directement T-Pain dans les paroles : « Y’all rappers singin’ too much, get back to rap, you T-Painning too much. (…) That sound stupid to me. If you a gangsta, this is how you prove it to me ». T-Pain lui-même a qualifié ce moment de « devastating » dans une interview. « Getting my hustle knocked wasn’t on my bingo card », dira-t-il.

Ce qui n’était pas à première vue un diss track personnel (Jay-Z lui-même précisera plus tard qu’il appréciait l’usage de l’autotune par des artistes talentueux comme T-Pain) est en réalité une chasse à ceux l’utilisant comme béquille. Le mal était fait. Le monde du hip-hop commençait à se détourner de l’autotune, et donc de T-Pain. Le reste s’enchaîne rapidement.

À partir de 2012, ceux qui étaient autrefois ses amis comme Akon et Dj Khaled s’éloignent. De nouveaux artistes comme Future au style tout aussi inimitable commencent doucement à s’imposer.

Celui qui avait fait des featurings gratuits toute sa carrière doit maintenant payer très cher pour s’associer à d’autres artistes. Chaque collaboration devient une transaction commerciale froide. Ludacris (qui avait auparavant travaillé avec lui sur son single One More Drink) lui réclamant 250 000 dollars pour un featuring.

De plus, son manager le trahit, gérant ses finances de façon catastrophique. Des projets de rénovation immobiliers dignes de Tarek et Christina, les rois de la réno achèvent de le fragiliser financièrement. Celui qui avait tout donné se retrouve à tout perdre, progressivement, sans que le milieu qu’il avait tant contribué à façonner ne lève le petit doigt. D’environ 40 millions de dollars, il se retrouve quasiment à quémander de l’argent à ses amis. Il finit par sombrer dans l’alcoolisme.

Nappy Boy : le label qui n'a pas décollé

En parallèle de sa carrière solo, T-Pain fonde son propre label, Nappy Boy Entertainment. L’ambition est là, la passion aussi. Mais aucun de ses artistes signés ne perce vraiment. Parmi eux : Tay Dizm, Joey Galaxy, Travie McCoy, One Chance, Sophia Fresh ou encore Field Mob.  C’est l’un des paradoxes de sa carrière : incroyable artiste, compositeur de génie, producteur de talent mais pas un grand manager. Il avait toutes les qualités pour faire briller les autres sur le plan musical, mais la dimension entrepreneuriale du business musical lui a échappé. Nappy Boy reste une belle intention, un label fondé avec le cœur, qui n’a jamais trouvé la formule pour transformer l’essai.

La conversation avec Usher : le coup de grâce

Le moment le plus douloureux de cette descente aux enfers a un nom : Usher. Lors d’une conversation privée dans un avion qui les emmenaient eux et d’autres artistes à la cérémonie des BET Awards, la star du R&B lui dit en substance que c’est lui, T-Pain, qui a « abîmé la musique » en popularisant l’autotune. D’abord persuadé qu’il s’agissait d’une blague, la star lui a rétorqué le plus sérieusement du monde : « You really f**ked up music for real singers ».

Ces mots, venant d’un ami, l’ont plongé dans une dépression sévère de 4 ans. T-Pain l’a lui-même raconté dans cet épisode de This is pop des années plus tard. Comment cette phrase l’a hanté pendant des années : « Is he right ? did I f**ked up music ? » ou comment il a cessé de croire en son propre talent, comment il a failli ne pas s’en remettre.

La renaissance : Nappy Boy Radio

Aujourd’hui, T-Pain continue de créer, de collaborer, de performer via sa chaine Nappy Boy Radio. Ça lui a permis de retrouver une sérénité et une confiance en lui que les années difficiles avaient failli lui voler définitivement. Il est devenu une personnalité d’internet extrêmement appréciée de ses followers. Sur le net, il anime également des lives sur des jeux vidéo et de nombreux talks sur des plateformes comme Twitch.

Vrai gentil et homme honnête. Son discours de vérité plaît aussi au grand public. Bien que sa tournée 1UP DLC ait été annulée, il a récemment avoué publiquement la cause sur son compte Instagram : un manque de places vendues et une mauvaise organisation de son équipe.

D’abord, laissez-moi vous dire que mon équipe avait planifié cette tournée en septembre dernier. Clairement, c’est un délais bien trop court pour organiser bien les choses. Ensuite, pas mal de trucs ne se sont pas passés comme prévu, et moi de mon côté, j’étais trop occupé à m’occuper du planning (...) Si j’annule la tournée 1UP DLC, c’est parce que d’une part, ça ne me mettait pas en valeur. D’autre part, vous ne vous y seriez pas retrouvés niveau fun. On m’a conseillé de mentir sur la raison de cette annulation, de dire que j’avais besoin de plus de temps, de trouver un prétexte dans le genre, mais le fait est qu’on a merdé. Je ne vais pas vous mentir. La plupart des artistes choisissent eux de mentir quand ça leur arrive. La vérité c’est que, quand leurs concerts ou leurs tournées sont annulés, c’est parce qu’ils n’ont pas vendu assez de billets

Enfin, HarbourView Equity Partners a racheté son catalogue de publication pour une somme d’environ 100 millions de dollars. Son héritage est immense et définitivement ancré dans l’histoire de la musique populaire. L’autotune qu’il a popularisé est partout désormais : dans le hip-hop, le R&B, la pop, l’électro. Chaque fois qu’un artiste utilise le vocoder comme choix esthétique, il y a un peu de T-Pain dans le son.

t-pain streamer
T-Pain qui donne la possibilité de copier son setup jeux vidéo pour ses streams

T-Pain est l’un des artistes les plus importants et les plus injustement traités de sa génération. Trop généreux, trop confiant, trop passionné pour naviguer dans les eaux froides du business musical. Il a donné son son au monde, ses refrains aux autres, sa confiance aux mauvaises personnes et a failli tout perdre en échange. T-Pain a tout de même créé un son unique qui a marqué une génération entière et ses nombreuses collaborations resteront encore longtemps streamées.

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